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`Recommandation de lecture parue dans le "Journal des Psychologues" (octobre 2020), le mensuel des professionnels.

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A propos de la métamorphose d’Œdipe en héros de Colone,
Un modèle de thérapie transgénérationnelle.

Par le Professeur Claude Tapia,
paru dans le « Journal des psychologues », (N° 381) p.80, octobre 2020.

A propos de la métamorphose d’Œdipe en héros de Colone
Un modèle de thérapie transgénérationnelle.

Thierry Gaillard, Genesis Editions, Genève, 2020

Compte-rendu du Professeur Claude Tapia paru dans le « Journal des psychologues », (N° 381) p.80, octobre 2020, Martin-Media.

 

Dans cette récente publication, Th. Gaillard poursuit le travail amorcé dans un précédent ouvrage, en approfondissant la réflexion engagée sur les mécanismes mentaux liés aux transmissions transgénérationnelles, dans la mythologie grecque. Comme dans sa précédente publication, l’auteur s’appuie essentiellement sur le théâtre de Sophocle (et sur les ouvrages d’auteurs contemporains comme Devereux, de Romilly ou Vernant…) de façon à éclairer, dans le registre psychanalytique, l’itinéraire complexe du héros mythologique vers son destin et en même temps pour définir sa propre conception psychothérapeutique, consistant à faire advenir les individus, égarés dans le labyrinthe des liens intrafamiliaux, au statut de sujets conscients du poids des déterminations sociales et transgénérationnelles.

L’intention de l’auteur est ainsi de proposer une nouvelle interprétation du mythe œdipien s’alimentant des sagesses antiques et des références psychanalytiques et anthropologiques contemporaines. Ainsi, dans l’exposé qu’il fait des relations transgénérationnelles au sein des dynasties thébaines (de Cadmos fondateur de Thèbes, à Œdipe). Th. Gaillard précise progressivement son propos qui est de montrer, outre l’efficience des transmissions inconscientes sur les comportements, les conséquences tragiques de la méconnaissance des héritages symboliques originels, en particulier les fautes et les crimes imputables aux têtes ou chefs de lignées. Ce qui veut dire que dans l’univers mythologique considéré ici, les dettes de sang ne peuvent pas ne pas être acquittées, à un étage ou un autre de la généalogie. Mais aussi, ce que montre le texte de Sophocle (cité par Gaillard) est que des conditions existent pour que l’issue de la tragédie ne soit pas dramatique, fatale. Elles tiennent à ce qu’interviennent à un moment ou à on autre, chez l’un ou l’autre des personnages de la chaine générationnelle – en l’occurrence chez Œdipe - des conduites réparatrices de remords ou d’autopunition. C’est ce qui advient à la fin du récit mythologique, lorsqu’Œdipe (après avoir assumé le rôle de bouc émissaire), réfugié chez Thésée, après s’être crevé les yeux, devient le père spirituel et le sage conseiller de celui-ci, accédant en quelque sorte à une paternité symbolique. Notion importante, semble-il, au cœur du message et de la pensée de Sophocle, repris par Gaillard. Mais alors, qu’en est-il des liens du sang, des appartenances généalogiques… sur lesquels celui-ci n’a cessé d’insister pour expliquer la tragédie, la difficulté de la rédemption… ? Position d’ailleurs cohérente avec les réserves qu’il exprime à propos du don du sperme, de l’instrumentalisation des « mères porteuses », des placements forcés d’enfants…etc.

L’ouvrage qui me parait s’inscrire dans la ligne de la psychanalyse freudienne révèle la fécondité du recours aux mythologies grecques et autres pour expliquer nombre de mécanismes psychologiques affectant les individus ou les collectivités.

Claude Tapia
                                  
 

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